dssd

Stéphane Guillon, liberté (très) surveillée

Classé dans : Captations - recréations,Editions Video,Humour — gestion @ %H:%M

Rictus narquois vissé sur un visage anguleux et dégaine de dandy, Stéphane Guillon déboule sur scène comme un diable sort de sa boîte, ou comme un torero dans l’arène. A moins qu’il ne soit lui-même le taureau ! Bref, il fonce sur tout ce qui choque, harponne la « bien-pensance », embroche les idées reçues, pose ses banderilles là où on ne les attend pas.

My Secret Garden

Classé dans : Captations - recréations,Festival d'Avignon,Mémoires,Théâtre — gestion @ %H:%M

En découvrant l’écriture de Falk Richter, Stanislas Nordey a immédiatement le désir de la mettre en scène. Il lit toute l’œuvre de l’auteur, avant de choisir les textes qui constitueront la première partie d’un vaste chantier : Das System, présenté en 2008 au Festival d’Avignon. Aujourd’hui, cette exploration se poursuit à travers un véritable travail à deux, puisque Falk Richter a accepté d’écrire une pièce dont il signera la mise en scène avec Stanislas Nordey, par ailleurs acteur dans ce projet. Ce nouvel opus s’organise autour du journal intime que Falk Richter tient depuis de nombreuses années, parallèlement à l’écriture de ses pièces. Une autofiction à la première personne qui se nourrira, au fil des répétitions, du contact avec les acteurs, dans un entrelacs de matériaux divers. À l’interrogation sur le fonctionnement de la société s’ajoute une part très personnelle de réflexion sur soi-même et le rapport aux autres. Sans se dissimuler derrière un personnage de fiction, l’auteur prend la parole et dit « Je ». Sujet de sa propre pièce, il raconte ses aventures privées, expose son regard sur le monde politique, analyse son rapport au théâtre. Les questions qu’il soulève résonnent pleinement avec celles qui irriguent le travail de Stanislas Nordey : dévoration du théâtre qui réduit la vie sociale et privée, désir d’investir le politique dans l’œuvre artistique, solitude de l’écrivain dans sa démarche. De ce trouble commun est né le désir d’une collaboration étroite et urgente pour imaginer ensemble, déplacer le rôle de chacun et aller vers l’inconnu d’un théâtre à construire. Sur scène, les trois acteurs, Nordey, Tismer, Sauvage, prendront la parole et donneront voix à une fable contemporaine, habitée par la vérité de cette rencontre fraternelle, et rare, entre deux artistes.

1973

Classé dans : Captations - recréations,Festival d'Avignon,Mémoires,Musique,Théâtre — gestion @ %H:%M

Mille neuf cent septante-trois est une expérience scénique de la « reprise », qui recompose la trame littérale d’un événement, la rapproche du souvenir forcément déformant que l’artiste, alors enfant, en a conservé et le questionne avec la distance de l’essayiste et du chercheur en sciences humaines. Il s’agit pour Massimo Furlan de refaire un programme télévisuel au plus juste, comme s’il reconstituait une archive. Une heure vingt d’une émission d’avril 1973 : le concours Eurovision de la chanson. Les candidats finlandais, monégasque, espagnol, belges, portugais, italien se succèdent, donnant le meilleur d’eux-mêmes – l’Eurovision, en ce temps-là, proposait ce que l’Europe faisait de mieux en matière de variétés -, jusqu’à ce que vienne le Suisse Patrick Juvet. « Cette prestation me stupéfia, témoigne Massimo Furlan. Un jeune homme souriant, blond, grand, aux cheveux longs, il chantait et semblait tellement à l’aise et heureux. Pourtant il était suisse. » Sur scène, Massimo Furlan refait tout : il interprète les chansons, il endosse les costumes des concurrents de l’époque, il retrouve les coiffures, il fait réécouter les commentaires et voir la prestation de la speakerine de la télévision luxembourgeoise, Helga Guitton, magnifique ce soir-là dans sa robe bleu azur. Mais Massimo Furlan, ou plutôt la créature qu’il convoque pour l’occasion, Pino Tozzi, est d’une certaine manière incompétent : il ne parle ni portugais ni finlandais, ne chante pas très bien, même s’il fait de son mieux, après de nombreuses répétitions. Rigoureuse et extrêmement drôle, son inaptitude est vite émouvante. Car Massimo Furlan ne se moque pas mais réincarne, à trente-sept ans de distance, un concours devenu un mythe collectif tout en restant pour lui un événement personnel. Sa mémoire intime croise ainsi la mémoire populaire, et suscite le commentaire érudit de savants. Le destin de cet enfant devenu grand se mêle à l’histoire de la musique, à celle de la télévision, des vêtements, de la technologie, du divertissement, et à l’histoire tout court de bon nombre des spectateurs. Tout, bien sûr, tient ici dans l’écart entre l’archive et le jeu, le souvenir et la réalité, l’oubli et la mémoire, le vrai et le faux.

Bartleby

Classé dans : Captations - recréations,Théâtre — gestion @ %H:%M

« Je ne sais plus quand j’ai lu le Bartleby de Melville pour la première fois. Mes plus vieux amis affirment que je leur en parle depuis toujours. Bartleby et son notaire me hantent. Le premier par son refus de jouer le jeu des hommes, le second par son vain acharnement à comprendre ce refus, l’un et l’autre par la bouleversante et drolatique confrontation de leurs solitudes.

Si on demandait à Bartleby le pourquoi de cette lecture publique, il répondrait, impavide : «  Ne voyez-vous pas la raison de vous-même ?  » C’est tout ce que se proposait Melville : voir par soi-même, c’est à dire au plus profond de nous, où gît ce rire qui accompagne, quoi que nous fassions, nos efforts les plus méritoires.

Et puis, toute ma vie, j’ai lu à voix haute. (A voix autre.) Il fallait bien que ça finisse sur la scène d’un théâtre. D’autant plus qu’aujourd’hui j’ai l’âge du narrateur de cette histoire. C’est idiot, mais ça crée des liens. »

Daniel Pennac

Tragédiennes de l’amour

Classé dans : Captations - recréations,Théâtre — gestion @ %H:%M

Deux femmes : l’une, corsetée et l’autre casquée, vivent sur une cage métallique bondée d’objets, de corps et d’un passé sulfureux qui les relient et les rend indissociables.
L’amour les transforme en prédatrices l’une pour l’autre.
Sa passion pour le « Tour de France »plonge la femme casquée dans un étrange univers où la violence, la lâcheté, la douleur de vivre, l’emmènent jusqu’au cannibalisme.
Drainée par une folie subliminale, la femme au lacet, revêtue d’une robe de deuil, danse ses déplacements et tue sans ménagement les hommes qu’elle aime.
La lutte incessante de ces deux femmes nous fait partager leurs blessures et leur destin.
Partager à deux une mémoire devient un exercice de style impossible.
Mais fascinant !

La ferme des concombres

Classé dans : Captations - recréations,Théâtre — gestion @ %H:%M

À l’époque on trouvait du boulot partout. Certains en refusaient.

A-t-on idée de la quantité de pluie qui peut tomber dans le désert africain ? Grand voyageur devant l’Éternel, arpenteur inlassable de contrées imaginaires, affabulateur inépuisable et géomètre des sables mouvants, Patrick Robine a longuement étudié la question. La pluviométrie désertique est un phénomène qu’il a même expérimenté de très près en explorateur intrépide qui ne craint pas de payer de sa personne. Il a approché notamment le grand hippocampe terrestre de l’Atlas – et l’incarne. Il est recommandé de le croire sur parole car c’est un observateur exceptionnel et, mieux encore, un découvreur.

Sans doute a-t-il eu de la chance. Encore enfant, ses parents l’ont embarqué dans un périple bien loin de nos régions tempérées, de Bamako à Woodstock, de Seattle au Mexique. Ils étaient à la recherche d’un lieu où s’installer définitivement et que son père appelait la ferme des concombres. Il leur fallut pour cela traverser des déserts arrosés de pluies si abondantes que des champignons poussaient partout jusque dans le creux des bosses des chameaux !

Un Privé à Babylone

Classé dans : Captations - recréations,Théâtre — gestion @ %H:%M

Il existe une tribu quelque part, de papous, je crois, qui considèrent que le rêve est aussi important que la réalité, ainsi, dans cette tribu, si dans votre sommeil, en rêve vous avez trompé votre meilleur ami avec sa femme, vous devez, dès le lendemain, aller vous  en excuser auprès du couple. Pourquoi je vous dis ça ? Parce que pour Richard Brautigan et son héros Privé à Babylone, les rêves, c’est pas un truc à prendre à la légère. Découvrir Brautigan, c’est trouver l’endroit où les gestes redeviennent sensibles comme un film où l’amour est la vedette, où le rire et la mort se partagent les seconds rôles, avec les cailloux et les nuages.

Quand il s’est agit de trouver une voix à Richard Brautigan, le choix de Romane Bohringer s’est imposé immédiatement. Outre ses qualités d’actrices, et la beauté de son cœur naïf, encore neuf, toujours prêt au rêve et à l’amour, il se trouve que R. B. est la femme de mes rêves, ma « nana de Babylone », avec qui je partage tous les jours une réalité… De rêve. Il était donc logique que Romane Bohringer soit la lectrice idéale, de mon monde meilleur, de la poésie joyeusement désenchantée et sérieusement dérisoire, de Richard Brautigan.

Philippe Rebbot

Franck Dubosc et Stéphane Rousseau « Permission accordée »

Classé dans : Captations - recréations,Divertissement,Humour — gestion @ %H:%M

Un hommage aux comédies musicales américaines des années 50 de Vicente Minnelli ou Stanley Donen pour un spectacle déjanté, qui mêle dans un cocktail explosif, textes hilarants, chorégraphies virevoltantes à 10 danseurs et moments de pure loufoquerie.

Franck Dubosc et Stéphane Rousseau y incarnent deux marins en permission, qui avec la complicité de la fine fleur des humoristes français, vont partir dans un grand voyage au pays du délire. Le tout est mis en histoire et en rythme par l’écriture malicieuse d’Arnaud Gidoin, qui réussit la gageure de respecter l’univers spécifique de chacun, de Florence Foresti à Patrick Timsit en passant par Jonathan Lambert, tout en liant l’ensemble avec un dynamisme et une douce folie irrésistibles.

Une scénographie imposante, avec des décors pivotants s’adaptant à l’ambiance voulue pour chacune des séquences, et un travail spécialement soigné sur la lumière, donnent à ce spectacle un vrai parfum de Broadway.

Après un immense succès à Nantes (du 3 au 10 avril 2009) et à Montréal (du 3 au 26 juillet 2009), ils prennent aujourd’hui leur « Permission » à Paris, au Zénith du 23 au 26 septembre 2009.

Du plaisir et des médocs

Classé dans : Captations - recréations,Théâtre — gestion @ %H:%M

Un tantinet compulsives, légèrement névrosées, gentiment dépressives, un peu fumeuses, beaucoup buveuses, hypocrites, débordées, infidèles, radicalement feng shui, écologiquement bio et de temps en temps bobo. Bref elles sont heureuses et épanouies.

Elles aiment le plaisir et les médicaments, le gras et le sucré, le mojito et la vodka pomme, les petits canards et les vrais diamants mais surtout elles sont drôles !

Ma soeur est un boulet

Classé dans : Captations - recréations,Théâtre — gestion @ %H:%M

Marie et Julien vivent ensemble depuis des années lorsqu’un matin la sœur de Marie débarque. Romane vient de se faire virer de son poste au club Med et demande à sa sœur de l’héberger le temps de se retourner. Excentrique et envahissante, elle compte bien profiter du confort de l’appartement et de l’argent de sa sœur mais ses projets de glande vont être compromis par Julien, lui-même professionnel du genre ! Le boulet n’est peut être pas celui que l’on croit…

Gérard Philipe, un homme, pas un ange

Classé dans : Documentaires,Spectacles — gestion @ %H:%M

Les années cinquante s’achèvent, et la mort de Gérard Philipe en sonne le glas. Personnage emblématique, il leur reste définitivement attaché, cristallisant les aspirations de l’après-guerre, la quête d’un idéal.
Voilà un acteur qui apparaît au lendemain de la guerre. Et à qui, tout de suite, la jeunesse s’identifie. Il y a là une de ces rencontres quasi miraculeuses entre un acteur et son public, comme il ne s’en produit qu’une au deux par décennie. Gérard Philipe, de 1945 à sa mort, aura incarné les aspirations, les doutes et les certitudes de toute une génération. Et cela jusqu’à devenir une sorte de symbole ; jusqu’à incarner, quarante-cinq ans après sa mort, l’exigence et la beauté indestructibles, la pureté ; jusqu’à devenir un mythe. Comme, de l’autre côté de l’Atlantique, Marilyn Monroe ou James Dean…