Réalisateur

Année de production

2007

Durée

30 minutes

Format

SD - 4/3

C’est l’errance d’un homme qui doit sans cesse se poser la question des frontières, sans comprendre cette volonté de fermeture et d’isolement qui envahit le monde occidental, que le dramaturge congolais Dieudonné Niangouna met au centre de ce monologue. Mais ce n’est pas un archétype qui énonce l’horreur de la clandestinité permanente, la peur d’être sans cesse découvert : c’est un homme libre qui parle, qui pense, qui réagit. Un individu marqué par son passé, avec ses cicatrices, qui nous interpelle dans une langue originale, inventive, subversive, chaotique, une langue de la rue, du parler imagé. Entre les quatre murs blancs munis de barbelés, qui peuvent symboliser un hôpital ou n’importe quel lieu d’enfermement, il raconte, questionne et rêve, tantôt agité, triste, amoureux, euphorique, cherchant à retrouver à tout prix l’homme qu’il était dans cette bête traquée qu’il est devenu. Le réel est cassé, brisé, reconstruit dans une suite de pensées successives qui affleurent à son esprit au gré des voyages passés, des parcours obligés ou choisis, des rencontres qui ponctuent la grande solitude. Refusant la peur, refusant d’être classé, catalogué, encarté, il revendique l’anonymat et la liberté de choisir. Dieudonné Niangouna sait utiliser la farce, le burlesque, le grotesque, la caricature pour faire surgir ce qui se cache au plus profond de son héros, un héros qui refuse l’héroïsme, pour toucher au tragique d’une recherche incessante de liberté. Recréant dans son imaginaire tous les lieux de cette vie hachée, le “Clando” anonyme nous entraîne dans son voyage, refusant la pitié et le misérabilisme, réclamant juste le droit de vivre librement sur une terre que nul ne devrait avoir le droit de s’accaparer.

ma selection