Dorothée Munyaneza a 12 ans quand, après avoir miraculeusement échappé au génocide, elle quitte le Rwanda. C’est une blessure qu’elle évoque et transforme une première fois dans Samedi Détente, en redonnant corps et voix à la force vitale de sa génération, anéantie par la violence. Avec Unwanted, la chorégraphe aborde l’histoire des femmes qui ont subi des viols. Viols comme des armes de destruction massive encore aujourd’hui utilisées dans des zones de conflit. Viols dont sont nés des enfants traumatisés par leur histoire filiale, ostracisés à cause du tabou de leur naissance. Pour écrire ces récits, Dorothée Munyaneza est allée à la rencontre de ces mères rejetées, de ces femmes blessées et leur a posé toujours la même question : « Vous êtes-vous acceptée ? » Contrechamps intime à l’Histoire, Unwanted est au coeur de l’indicible et la chorégraphe à l’énergie brute l’incarne sans pathos, ni faux-semblant accompagnée dans cet opus qui décloisonne les genres par le musicien improvisateur Alain Mahé, la musicienne Holland Andrews et le plasticien britannique Bruce Clarke…

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