Padoue, 1549. Angelo, le podestat de Padoue, fait régner la terreur sur la ville. Par stratégie, il a épousé  Catarina Bragidini et a pour maîtresse la comédienne Tisbe. Tisbe est amoureuse de Rodolfo, qu’elle fait passer pour son frère. Mais Rodolfo est en réalité amoureux de Catarina, qu’il a rencontré à Venise, avant qu’elle ne disparaisse pour épouser Angelo. Il est à sa recherche. Tisbe, quant à elle, est à la recherche de la femme qui a sauvé la vie de sa mère alors qu’elle était enfant.

Homodei, un espion du Conseil des Dix, va cristalliser l’action : il apprend à Rodolfo que Catarina n’est autre que la femme du podestat, il dénonce à Tisbe l’amour de Rodolfo pour Catarina et fait savoir à Angelo que sa femme aime un autre homme. Angelo décide de tuer sa femme et demande l’aide de Tisbe, qui veut également se venger. Mais lorsque que Tisbe découvre que c’est Catarina qui a sauvé sa mère des années auparavant, elle décide d’aider les deux amants.

En choisissant Victor Hugo pour sa première grande mise en scène de théâtre, Christophe Honoré étonne, intrigue. ”Angelo, tyran de Padoue” surprend plus encore : peu montée, cette pièce en est presque incongrue. Pour lui, il s’agit d’un texte dont la clarté cache bien des portes secrètes et des souterrains obscurs et ambigus. Impuissant à se faire aimer, jaloux, suspicieux, autoritaire et violent, le tyran ne parviendra pas à changer le cours des inclinations.

Drame romantique en prose, ”Angelo, tyran de Padoue” est une pièce méconnue du répertoire de Victor Hugo (1802-1885). C’est âgé d’une trentaine d’années mais déjà empreint de maturité, que celui-ci a écrit pour la scène du Théâtre-Français cette histoire de tyrannie et de sentiments. Une tragédie pétrie de puissance et de fragilité, où le destin de quatre êtres passionnés se joue en l’espace de trois journées.

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