Dans la salle commune d’un hôpital psychiatrique, les patients se croisent et cohabitent, évoquent leur passé, leurs rêves, leurs projets. Markus a 18 ans, comme Sofia et Roger. Maud et Martin ont passé la quarantaine. Il y a aussi Anders, Anne-Marie, Mohammed… Et l’infirmier Tomas, dont on se demande dès le début s’il ne ferait pas plutôt partie des patients. Les frontières entre normalité et folie sont brouillées, ici les blessures ou les secrets surgissent au fil des conversations, se faisant l’écho de notre monde et de ses violences. Dans ce lieu où chacun fait comme il peut, Lars Norén accompagne les personnages sans jugement, se tenant au plus près de leur singularité.


Pour son retour à l’Odéon, après Pelléas et Mélisande, Julie Duclos s’approprie la pièce chorale du dramaturge suédois et livre dans un décor à la fois réaliste et poétique son regard cru mais rempli d’humanité sur ceux que la société s’obstine à reléguer à la marge. Écriture du réel, mais aussi fresque des temps modernes, drôle et bouleversante, Kliniken nous place en face de nous-mêmes et, par un effet de miroir, de la folie du monde contemporain.

ma selection