Réalisateur

Simranjit Singh

Année de production

2022

Durée

96 minutes

Format

HD - 16/9

[Quais de Seine] poursuit la réflexion entamée avec [Thiaroye] en mettant en lumière les rapports de domination de la colonisation et de sa perpétuation sur trois générations. Ce deuxième volet plonge dans l’intériorité de Nora, dans sa quête de recomposition de son récit familial. Tel un puzzle, deux récits se tissent, s’entremêlent.

Hantée par un passé meurtri, empêchée et étouffée par ses secrets de famille, elle tente tout de même de se construire pour vivre son présent. Accompagnée d’un thérapeute, elle accède peu à peu à ce passé interdit, s’appuyant sur des bribes de souvenirs et sur ses rêves. Malgré une forte résistance. Des images apparaissent, des mots surgissent. Nora décide d’en apprendre davantage sur l’histoire de ses grands-parents tombés dans l’engrenage de l’Histoire.

Elle découvre alors les événements de la nuit du 17 octobre 1961 sur les quais de la Seine, où des milliers d’Algériens – hommes, femmes et enfants – manifestent pacifiquement dans les rues de Paris contre le couvre-feu qui leur est imposé par le gouvernement et le préfet de police.
La manifestation sera violemment réprimée : 11 000 manifestants sont arrêtés, parqués dans des stades, emmenés dans des sous-sols, battus, torturés, certains assassinés et jetés dans la Seine. Elle va apprendre ce qu’il s’est passé à la station de métro Charonne, à Sétif, à Oran, dans les centres de détention où des femmes algériennes accusées de terrorisme ont été violées.

Elle va apprendre comment, dans les rues de Paris, les femmes françaises qui manifestaient ou se baladaient avec des Algériens étaient humiliées publiquement. Nora va saisir le décalage entre ceux qui ont été longtemps habités par la honte et ceux qui ont été détruits par la colère.

À cette recherche se superpose une autre histoire : celle d’Irène, fille de pieds noirs et de Younes, Algérien. Tous deux ont grandi ensemble à Sétif, sont tombés amoureux et ont fui à Paris pour vivre leur amour. Mais la guerre s’approche de la métropole. Le couple tente de résister malgré la traque des Algériens par la police et les harkis. La peur descend dans les corps, elle paralyse, elle abîme l’amour. En suivant leur quotidien de plus en plus difficile, apparaît la manière dont la guerre d’Algérie a été vécue par les Algériens de Paris à la veille du 17 octobre 1961.

Malgré les réticences de Younes, Irène, qui est enceinte, insiste pour aller avec lui à la manifestation. Ils sont arrêtés par la police sur les quais de la Seine et jetés dans la cour de la préfecture de police. En tant que Française, Irène est libérée. Younes reste.

ma selection